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DES ÉTUDIANTS SE PLAIGNENT D’ÊTRE ENVAHIS PAR LES GROUPES DE PRIÈRE  


Le phénomène " Ngomba " est loin d’être nouveau. Mais à voir l’ampleur et la fascination qu’il continue d’exercer auprès de ceux estampillés " chrétiens " à Kinshasa donne matière à le réinterroger. La montagne de l’Université de Kinshasa attire de plus en plus les hommes d’église. Une situation qui inquiète au plus haut point les étudiants qui se disent être submergés par les bruits et autres effets sonores émanant de ces " réunions de prière ".

Difficile de les dénombrer. Il est 11 heures 45, lorsque nous sommes arrivés hier lundi 9 janvier à la " Colline inspirée " de l’Unikin, dans la savane derrière le Centre de recherches nucléaires de Kinshasa (CRENK). Plusieurs dizaines de groupes formés de dix à quinze croyants y étaient déjà présents, formant des cercles et implorant la grâce de la providence.
La pollution sonore était perceptible même une centaine de mètre. Des croyants déclamaient des prières à la criée, accompagnées de chants et danses en hommage à Dieu le père, des battements de tam-tam, des tintements des maracas, des pleurs pour certains et cris de joie pour d’autres.

DES BRUITS QUI PERTURBENT LES ETUDIANTS

Si pour certains, il s’agit d’un simple regroupement des " chrétiens " afin d’implorer la grâce de Dieu quant aux problèmes qui sont les leurs, d’autres par contre y vont avec l’intention d’y fonder une église. Ils s’y réunissent à fréquence régulière, voire le dimanche, officiant le culte en respectant tous les rituels. Temps d’adoration, prédication et moment d’offrande respectés.
Disséminés çà et là, de la savane derrière le CRENK à la broussaille dans les alentours du CNPP, les groupes de prière qui ont pris d’assaut la colline de l’Université de Kinshasa perturbent dans une certaine mesure la concentration des étudiants.
Ils se plaignent de voir ces lieux calmes qui leur servaient de cadre idéal pour la révision de leurs notes de cours être aujourd’hui transformés en espaces de prières. Les plus affectés sont des étudiants de la deuxième année de graduat de la faculté de Droit dont l’auditoire de cours se trouve à quelques mètres de ces lieux occupés par les « prieurs ».
" Loin d’être contre ces séances de prières, nous pensons qu’il est important que l’on fasse la part de choses. Une fois que l’on est fatigué de revoir ses notes dans une bibliothèque, on avait le réflexe de venir étudier sous les arbres de cette savane qui nous offrait un bon cadre de concentration. Aujourd’hui, c’est devenu un lieu des prières pour les églises. Les bruits produits par ces séances de prière nous parviennent parfois jusque dans l’auditoire ", rapporte un étudiant de l’Unikin.

UNE AUBAINE POUR VENDEURS D’ILLUSION

Pas facile de démêler le vrai du faux. Une pléthore de titres, du pasteur, au prophète, en passant par bishops et archibishops. D’autres par contre se contentent du qualificatif " Dady ", ou carrément " Papa ". Ces hommes d’église se proposent d’offrir solutions à n’importe quels problèmes que les croyants leur posent.
Certains jouissent d’une grande notoriété de la part des habitués de ce qu’on appelle affectueusement " Ngomba ".Ils sont régulièrement présents sur le lieu, dès 7 heures du matin, en attente des fideles. Dès qu’ils arrivent, ils font enregistrer les sujets devant être abordés lors des prières communes auprès de ceux qu’ils considèrent parfois crédulement comme leurs pères spirituels.
" Nous sommes de chrétiens venus des différentes églises. Chacun est venu chercher la solution à ses problèmes dans la présence de Dieu. Nous préférons cet endroit pour son calme propice à la concentration. Nous croyons que notre Dieu est suffisamment bon pour résoudre nos problèmes de mariage, de maladie, de pauvreté, de voyage et autres", a affirmé un croyant abordé. 

Orly-Darel NGIAMBUKULU

(  forum des as , via www.congosynthese.com)

 




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