Selon plusieurs médias belges, Washington aurait sollicité plusieurs pays européens afin qu'ils empêchent l'entrée de voyageurs en provenance de ces trois pays, craignant une propagation internationale du virus à l'approche de la Coupe du monde de football 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Les autorités américaines auraient également laissé entendre que les pays refusant d'appliquer ces restrictions pourraient voir leurs propres ressortissants soumis à des limitations d'entrée sur le territoire américain.
Une réponse coordonnée de l'Union européenne
Réunis le vendredi 5 juin lors d'une rencontre consacrée aux questions sanitaires, les ministres européens de la Santé ont examiné la situation liée à l'épidémie d'Ebola ainsi que la demande américaine. À l'issue des discussions, les États membres de l'Union européenne ont décidé d'adopter une position commune rejetant l'idée d'une interdiction générale visant les citoyens congolais, ougandais et sud-soudanais.
Le gouvernement belge a été l'un des premiers à exprimer publiquement son opposition à une telle mesure.
Le ministre belge critique la position américaine
Le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a fermement rejeté l'hypothèse d'une fermeture des frontières aux ressortissants des pays concernés.
« Une interdiction d'entrée, personne ne propose cela en Europe », a-t-il déclaré.
Le responsable politique est allé plus loin en dénonçant les réductions de l'aide internationale américaine destinée au continent africain.
« Les États-Unis, en tant que pays, portent une responsabilité écrasante dans ce qui se passe en Afrique, du fait qu'ils ont drastiquement réduit leur coopération au développement et leur aide médicale. Cette politique américaine aura bientôt des millions de morts sur la conscience », a-t-il affirmé.
Des inquiétudes liées à l'épidémie d'Ebola
L'épidémie actuelle d'Maladie à virus Ebola suscite une vigilance accrue de la part des autorités sanitaires internationales. En République démocratique du Congo, plusieurs provinces de l'Est du pays sont concernées par des mesures de surveillance renforcées, tandis que l'Organisation mondiale de la santé et les autorités nationales poursuivent leurs efforts de riposte.
Toutefois, les pays européens estiment que les mesures de contrôle sanitaire, le dépistage des voyageurs et la coopération internationale demeurent des réponses plus appropriées qu'une fermeture généralisée des frontières.
Une divergence transatlantique sur la gestion du risque sanitaire
Cette affaire met en lumière des divergences croissantes entre Washington et ses partenaires européens sur la manière de gérer les risques sanitaires internationaux. Alors que les États-Unis semblent privilégier des mesures restrictives visant les déplacements internationaux, l'Union européenne défend une approche fondée sur l'évaluation scientifique des risques et la coordination des systèmes de santé publique.
Pour l'heure, aucune restriction supplémentaire à l'entrée des ressortissants congolais n'est envisagée au sein de l'Union européenne, qui maintient sa stratégie de surveillance sanitaire renforcée tout en rejetant les mesures de fermeture des frontières réclamées par Washington.





