Il est l'héritier devenu bâtisseur. Fils de l'apôtre Emmanuel Mbiye Mulaya, fondateur de la Cité Béthel, consacré à Dieu dès l'âge de six mois devant l'assemblée, Moïse Mbiye a grandi entre la chorale et la chaire — pour devenir à la fois l'un des chantres congolais les plus écoutés de sa génération et le représentant légal d'une communauté qui revendique plus d'un millier d'assemblées à travers le monde. Des tubes « Champion » et « Héros » à la reconstruction de l'église paternelle, portrait d'un homme aux deux ministères, dont la trajectoire n'a pas été épargnée par les tempêtes.

📋 Repères clés
NaissanceUn 9 septembre, au début des années 1980, à Kinshasa (commune de Matete)
Double ministèreChantre gospel et pasteur — représentant légal de la Communauté Cité Béthel
FiliationFils de l'apôtre Emmanuel Mbiye Mulaya, fondateur de la Cité Béthel (décédé en 2021)
Albums marquants« Influence », « Champion » (100 000 exemplaires en un an), « Héros »
MédiasRadio Télé Sentinelle (relancée), chaîne Siloé TV, label Bibomba Music
Livre« Affermi pour l'envol »

L'enfant consacré de la Cité Béthel

Cinquième d'une fratrie de neuf enfants, Moïse Mbiye naît un 9 septembre — en 1980 ou 1982 selon les sources — dans la commune de Matete, à Kinshasa, au cœur d'une famille pentecôtiste dont le père, l'apôtre Emmanuel Mbiye Mulaya, est le visionnaire de l'église Cité Béthel. Offert à Dieu en offrande devant l'assemblée alors qu'il n'a que six mois, le garçon grandit littéralement dans l'église : à 10 ans, il intègre le « Groupe d'adoration junior » encadré par la sœur Fidélise Mampouya ; à 13 ans, son père lui fait donner des cours de piano à domicile par un professeur de l'Institut national des arts — établissement qu'il rejoindra lui-même après son baccalauréat pour approfondir sa formation musicale.

Des Étoiles de Louange aux tubes qui débordent l'église

Adolescent, il rejoint le groupe Les Étoiles de Louange comme chanteur et claviériste — le benjamin de la formation — et participe à son premier album, « Litatoli », avant d'en prendre le leadership et d'en diriger artistiquement le suivant, « Plus que cristal ». Puis vient l'envol solo : l'album « Influence » installe son nom, avant que « Champion » — écoulé à quelque 100 000 exemplaires en douze mois — et « Héros » n'en fassent un phénomène national. Ses chansons, portées par une voix de velours et un sens mélodique hérité de la grande école kinoise, franchissent les murs des églises : « Tango Naye » et les tubes qui suivront comptent parmi les titres congolais les plus écoutés de leur époque, tous genres confondus — un cas rare de chantre rivalisant, en audience, avec les stars de la musique profane.

L'héritage paternel : reconstruire la Cité Béthel

Parallèlement à la musique, Moïse Mbiye suit le chemin tracé : école biblique, diplôme de théologie obtenu avec distinction, premiers pas de prédicateur, pastorat de la jeunesse au niveau national, puis pastorat de l'Assemblée centrale de la Cité Béthel — qu'il reprend à un moment critique, lorsque la maladie de son père plonge la communauté dans les divisions. On lui crédite d'avoir relancé l'assemblée, remis sur pied la chaîne Radio Télé Sentinelle et achevé la construction de l'église, chantier de toujours. À la mort de l'apôtre Emmanuel Mbiye, le 30 août 2021, le fils devient représentant légal de la Communauté Cité Béthel — forte, selon l'église, de plus de 1 100 assemblées en RDC et dans le monde. Entrepreneur du gospel, il a aussi lancé son label, Bibomba Music, sa chaîne Siloé TV, et signé un livre, « Affermi pour l'envol ».

📌 Les turbulences de 2020

La trajectoire de Moïse Mbiye n'a pas été exempte de tempêtes : début 2020, il a été visé par de graves accusations portées publiquement par une actrice, dans une affaire extrêmement médiatisée qui a enflammé la toile congolaise pendant des mois. L'intéressé a toujours fermement rejeté ces accusations, dénonçant une entreprise de déstabilisation, et l'affaire n'a, à notre connaissance, débouché sur aucune condamnation. Il bénéficie, comme toute personne, de la présomption d'innocence.

Moïse Mbiye en dates

Un 9 septembre

Naissance à Matete (Kinshasa), au début des années 1980, cinquième de neuf enfants de l'apôtre Emmanuel Mbiye Mulaya. Consacré à Dieu à six mois.

Années 1990

Groupe d'adoration junior à 10 ans, piano à 13 ans, puis Les Étoiles de Louange, dont il devient le leader après l'album « Litatoli ».

Années 2010

Carrière solo : « Influence », puis « Champion » (100 000 exemplaires en un an) et « Héros ». Diplômé de théologie, il redresse l'Assemblée centrale de la Cité Béthel.

30 août 2021

Décès de son père à Paris. Moïse Mbiye devient représentant légal de la Communauté Cité Béthel.

Aujourd'hui

À la tête d'une communauté de plus de 1 100 assemblées, entre pastorat, albums, Siloé TV et le label Bibomba Music.

L'homme aux deux chaires

Peu d'hommes occupent, dans le paysage congolais, une position comparable : une communauté religieuse d'envergure mondiale d'un côté, une audience musicale de superstar de l'autre — et entre les deux, l'héritage d'un père fondateur qu'il fallait faire fructifier sans le trahir. Adulé par les uns, contesté par d'autres, Moïse Mbiye reste, au-delà des controverses, l'illustration la plus aboutie d'un phénomène très congolais : au pays où la foi se chante, le pasteur qui remplit les églises et le chantre qui remplit les stades peuvent être un seul et même homme.