On la surnomme « Sœur Shilo », et sa voix — que ses admirateurs comparent volontiers aux plus grandes — accompagne depuis plus de vingt ans les cultes, les mariages et les veillées de prière de tout un peuple. Membre du Groupe Adorons l'Éternel (GAEL), pasteure, formatrice de conducteurs de louange et désormais auteure, Nadège Mbuma est bien plus que l'épouse du chantre Athoms Mbuma, avec qui elle forme le couple emblématique du gospel congolais : elle est l'une des voix féminines qui ont fait de la louange congolaise l'une des plus rayonnantes du continent. Portrait.
De l'INA au GAEL : la formation d'une voix
Cadette d'une famille de trois enfants, Nadège Impote Welo se forme sérieusement à son art : elle étudie la musique à l'Institut national des arts (INA) de Kinshasa — un passage par l'école qui distingue sa génération de chantres et explique la précision technique que les mélomanes lui reconnaissent. C'est au sein du Groupe Adorons l'Éternel (GAEL), l'une des formations de louange les plus influentes du pays, qu'elle déploie son ministère musical depuis plus de deux décennies, aux côtés de celui qui deviendra son époux, le Dr Athoms Mbuma. Ensemble, ils signent des cantiques devenus des classiques du répertoire congolais — « Mon Jésus », « Bakosala Eloko te » (« Ils n'y peuvent rien »), « Monene » (« Plus grand ») — et publient notamment les albums « Culte » et « Psaumes ».
Bien plus qu'une chanteuse : pasteure, formatrice, chroniqueuse
Réduire Nadège Mbuma à sa voix serait manquer l'essentiel de son ministère. Pasteure à l'église Phila – Cité d'Exaucement, à Kinshasa, elle est aussi, avec son mari, cofondatrice et directrice de Rhema Worship — une école de renforcement des capacités des conducteurs de culte et musiciens, par laquelle le couple forme et encadre des générations de conducteurs de louange, en RDC et à travers le monde. Conférencière recherchée, chroniqueuse sur la chaîne chrétienne EMCI TV, elle a fait de la transmission le second pilier de son œuvre : professionnaliser la louange congolaise, longtemps portée par le seul talent, en lui donnant méthode et profondeur.
« Mon Histoire, Mon Psaume » : la femme derrière la voix
Avec son premier livre, « Mon Histoire, Mon Psaume », Nadège Mbuma a levé le voile sur le parcours derrière le micro : « des saisons de silence, de combat, de grâce et surtout de restauration », selon ses mots — un récit « tissé d'épreuves et de victoires » qu'elle dit avoir écrit « avec ses larmes, sa foi et l'espérance ». L'ouvrage, présenté comme un témoignage sans filtre, prolonge sur le papier ce que son ministère porte en musique : un message adressé d'abord aux femmes, aux familles et aux jeunes, dont elle est devenue l'une des figures d'inspiration dans l'espace chrétien francophone.
Dans un gospel congolais historiquement dominé par les voix masculines, Nadège Mbuma incarne — avec quelques autres — la génération de femmes qui ont conquis le premier plan : par le chant, mais aussi par le ministère pastoral, la formation et l'écriture. Son influence dépasse largement les frontières de la RDC : de Kinshasa aux églises de la diaspora, ses cantiques sont repris chaque dimanche par des millions de fidèles.
Nadège Mbuma en repères
Études de musique à l'Institut national des arts (INA) de Kinshasa.
S'impose au sein du Groupe Adorons l'Éternel (GAEL), dont elle devient l'une des voix majeures aux côtés d'Athoms Mbuma.
Albums « Culte » et « Psaumes » avec son époux ; cofonde l'école Rhema Worship pour former les conducteurs de louange.
Pasteure à l'église Phila – Cité d'Exaucement, chroniqueuse sur EMCI TV, conférencière internationale — et auteure de « Mon Histoire, Mon Psaume ».
L'héritage en construction
À l'heure où le gospel congolais s'exporte comme jamais, Nadège Mbuma appartient au cercle restreint de ceux qui l'auront à la fois incarné et structuré : une voix pour le porter, une école pour le transmettre, une chaire pour l'ancrer et désormais un livre pour le raconter. « Sœur Shilo » n'a pas fini d'écrire ses psaumes — et des deux côtés de l'Atlantique, des milliers de conducteurs de louange formés à son école en prolongent déjà l'écho.

