Pourquoi la FECOFA veut restructurer le football congolais
Le football congolais veut tourner la page des crises à répétition et amorcer une véritable reconstruction. Reçu ce mercredi 27 mai à la Cité de l'Union Africaine par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le nouveau comité de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), conduit par Veron Mosengo-Omba, a présenté les grandes priorités de son mandat 2026-2030.
Au centre des échanges : le financement des déplacements des clubs, la sécurité dans les stades, la formation des jeunes talents, l'organisation des championnats et la restructuration du football national.
Tshisekedi annonce 2 millions USD pour les clubs
À l'issue de cette rencontre, le Chef de l'État a annoncé un appui annuel de 2 millions de dollars américains destiné à soutenir les déplacements des équipes engagées dans les compétitions nationales. Une mesure saluée comme un signal fort pour la relance du football congolais.
Dans un pays aux dimensions continentales comme la République démocratique du Congo, les coûts liés au transport aérien représentent depuis plusieurs années l'un des principaux obstacles au bon déroulement des championnats. De nombreux clubs éprouvent des difficultés à financer leurs déplacements entre provinces, provoquant régulièrement des reports de matchs, des forfaits ou des interruptions de compétitions.
« Vous savez qu'un des postes les plus budgétaires, c'est le transport aérien, le déplacement de nos équipes. Donc, le gouvernement va nous soutenir là-dessus. Ça, c'est une très très très bonne nouvelle. C'est Noël avant l'heure », a déclaré Veron Mosengo-Omba, président de la FECOFA.
Le transport des équipes au cœur des difficultés
Conscient de cette réalité structurelle, le Président Félix Tshisekedi a décidé d'apporter un soutien financier direct à la FECOFA afin d'alléger cette charge logistique qui pèse sur l'ensemble des clubs congolais.
Cette enveloppe annuelle de 2 millions USD pourrait permettre de stabiliser davantage les compétitions nationales et d'améliorer l'organisation logistique des clubs participant aux championnats nationaux.
Veron Mosengo présente son programme 2026-2030
Nommé à la tête de la FECOFA, Veron Mosengo-Omba entend placer son mandat sous le signe de la crédibilité, de la transparence et du développement durable du football national. Son programme quadriennal intitulé « Refonder pour structurer, structurer pour gagner » repose sur quatre piliers principaux :
- la stabilité du calendrier des championnats nationaux ;
- la promotion du football de base ;
- la restructuration de l'administration fédérale ;
- le développement des infrastructures sportives.
L'objectif affiché est de reconstruire un système footballistique plus professionnel, capable de soutenir durablement la progression des Léopards et des clubs congolais sur la scène africaine et internationale.
Parmi les réformes annoncées figure également la volonté d'utiliser les provinces comme moteurs du développement sportif. La FECOFA prévoit notamment la nomination de directeurs techniques provinciaux chargés d'encadrer le football à la base et de détecter les jeunes talents à travers le pays.
« Dans chaque province, on aura des directeurs techniques provinciaux pour développer le football à la base », a expliqué Veron Mosengo-Omba.
La FECOFA veut sauver les jeunes talents congolais
La question de la formation a également occupé une place centrale lors de cette rencontre avec le Chef de l'État. Selon la FECOFA, près de 90 % des jeunes talents congolais se perdent faute d'encadrement technique adapté.
Pour inverser cette tendance, l'instance dirigeante du football congolais prévoit :
- la formation d'entraîneurs dans toutes les provinces ;
- le développement des académies ;
- la structuration du football des jeunes ;
- le renforcement du suivi technique.
L'ambition est de bâtir un système capable de transformer les talents bruts congolais en joueurs professionnels compétitifs au niveau international.
Le championnat scolaire national en préparation
Autre dossier évoqué avec le Président Félix Tshisekedi : l'organisation prochaine d'un championnat scolaire national. La FECOFA considère ce projet comme stratégique pour le futur du football congolais.
Le développement du sport scolaire pourrait permettre :
- d'élargir la détection des jeunes talents ;
- de professionnaliser l'encadrement dès le bas âge ;
- de renforcer la pratique du football dans les écoles ;
- de construire une véritable pyramide de formation nationale.
Le Chef de l'État aurait marqué son intérêt pour ce projet et promis un accompagnement matériel important.
Sécurité dans les stades : un nouveau chantier
Les échanges ont également porté sur la sécurité dans les infrastructures sportives. La RDC a connu ces dernières années plusieurs incidents dans certains stades du pays, relançant régulièrement le débat sur les normes sécuritaires lors des rencontres sportives.
Dans cette optique, un séminaire national consacré à la sécurité dans les stades devrait être organisé prochainement. L'objectif sera notamment :
- d'améliorer l'organisation des matchs ;
- de renforcer la sécurité des supporters ;
- de professionnaliser la gestion des événements sportifs ;
- de répondre aux exigences internationales de la FIFA et de la CAF.
Malgré les annonces encourageantes, les défis restent nombreux pour le nouveau comité de la FECOFA : infrastructures insuffisantes, manque de financement durable, instabilité des compétitions, faiblesse de la formation locale et difficultés administratives persistent.
Le soutien annoncé par le gouvernement constitue toutefois un signal politique fort à un moment où la RDC cherche à renforcer son image sportive à l'international, notamment après le retour historique des Léopards à la Coupe du monde 2026.
À travers cette nouvelle gouvernance, la FECOFA veut redonner confiance aux joueurs, aux supporters, aux partenaires, aux investisseurs et aux institutions internationales. Le comité Veron Mosengo affirme vouloir construire un football plus crédible, mieux organisé et capable de rivaliser durablement sur le continent africain.
Pour de nombreux observateurs, la réussite de cette réforme dépendra désormais de la capacité des dirigeants à transformer les promesses en actions concrètes sur le terrain.





