Kinshasa déborde. Elle déborde de monde, de voitures et de déchets. Ce lundi 8 juin 2026, le président Félix Tshisekedi a créé une Taskforce  dédiée à l'assainissement et à la modernisation de la capitale.

Pourquoi une Taskforce plutôt que les structures existantes

Un constat d’échec institutionnel

Créer une structure spéciale dit une chose clairement. Les institutions existantes n’ont pas suffi. La mairie, les communes, les services d’hygiène elles fonctionnent. Elles ne résolvent pas le problème.

Placer cette Taskforce directement sous l’autorité du président est un raccourci hiérarchique. Cela court-circuite les niveaux intermédiaires. Autrement dit, Tshisekedi veut des résultats rapides. Sans les délais habituels de la bureaucratie.

Quatre missions concrètes

La Taskforce a reçu quatre mandats précis. D’abord, restaurer la fluidité de la circulation. Les embouteillages paralysent des quartiers entiers durant des heures. Ensuite, renforcer la sécurité urbaine. Puis, améliorer l’assainissement public. L’insalubrité affecte directement la santé des habitants. Enfin, moderniser le visage de la capitale. Constructions anarchiques et occupation irrégulière de l’espace public sont dans le viseur.

Le lieutenant-général Kasongo Kabwik aux commandes

Un militaire pour un problème civil

La coordination est confiée au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik. Il est commandant du Service National. Ce choix est significatif. Un officier militaire dirige la remise en ordre d’une capitale civile. C’est le pari de la discipline sur la négociation. C’est la rapidité d’exécution plutôt que la concertation.

Cela soulève une question inévitable. Comment cette structure s’articulera-t-elle avec le gouverneur de Kinshasa ? Les prochaines semaines préciseront les mécanismes opérationnels.

Le défi kinois : une mégalopole qui court plus vite que ses institutions

Les chiffres qui expliquent l’urgence

Kinshasa est la troisième plus grande ville d’Afrique. Elle compte plus de 17 millions d’habitants en 2026. En 1960, elle en comptait 400 000. Cette explosion s’est faite sans planification urbaine. Résultat : des quartiers sans eau potable. Un réseau routier engorgé. Une gestion des déchets dépassée. Des ravines qui avalent des maisons entières lors des pluies.

Par ailleurs, l’occupation irrégulière de l’espace public est devenue structurelle. Marchés spontanés sur les trottoirs. Constructions dans les lits de rivières. Les autorités communales seules ne peuvent plus résorber ce phénomène.

Des ambitions formulées clairement

Tshisekedi veut une capitale « plus planifiée, plus propre, plus fluide, plus sûre et plus humaine ». Cinq adjectifs. Une formule qui sera jugée sur pièce. Ce n’est pas la première fois qu’un chef d’État énonce ces ambitions pour Kinshasa. Toutefois, la proximité présidentielle de cette Taskforce est nouvelle. La clarté du mandat aussi. Le rendez-vous est pris avec les résultats.