La MONUSCO dresse un bilan alarmant des violences dans l'Est de la RDC La situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure extrêmement préoccupante. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ce vendredi 26 juin, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en RDC et chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan, a présenté un bilan particulièrement lourd des conséquences humanitaires et sécuritaires des conflits armés qui secouent les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Selon lui, les affrontements entre les différents groupes armés et les forces engagées sur le terrain continuent de faire un nombre important de victimes civiles, tout en aggravant les violations des droits fondamentaux. Plus de 630 civils tués en trois mois au Nord-Kivu et en Ituri Au cours de son intervention devant le Conseil de sécurité, James Swan a indiqué que la MONUSCO avait documenté 632 décès de civils entre le 19 mars et le 26 juin 2026 dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Ces pertes humaines sont directement liées aux affrontements armés qui persistent dans plusieurs territoires de l'Est de la RDC, où les populations civiles restent les premières victimes des violences. Le chef de la Mission a souligné que cette situation illustre la gravité de la crise sécuritaire qui continue d'affecter la région malgré les multiples initiatives diplomatiques en cours. Près de 3 000 victimes de violations des droits humains recensées James Swan a également présenté les statistiques du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH). Selon ces données, 1 221 violations et atteintes aux droits humains ont été enregistrées durant la même période. Ces violations ont concerné 2 968 victimes, parmi lesquelles figurent de nombreuses femmes et des enfants. Ces chiffres traduisent une dégradation persistante de la situation des droits humains dans les zones affectées par les conflits armés. Les violences sexuelles demeurent une préoccupation majeure Le chef de la MONUSCO a particulièrement insisté sur la poursuite des violences sexuelles liées aux conflits. Ces exactions seraient commises aussi bien par certains groupes armés que par des membres des forces de sécurité. Les violences sexuelles continuent ainsi de représenter l'une des conséquences les plus dramatiques de l'insécurité persistante dans l'Est de la RDC, affectant durablement les victimes et leurs communautés. Un accès humanitaire toujours fortement limité Malgré les efforts déployés par les agences humanitaires, l'accès aux populations demeure extrêmement difficile dans plusieurs zones touchées par les combats. James Swan a expliqué que les contraintes sécuritaires limitent considérablement les opérations d'assistance humanitaire destinées aux milliers de personnes déplacées. Face à cette situation, la MONUSCO affirme avoir renforcé sa présence opérationnelle. Plus de 2 100 patrouilles conjointes avec les FARDC depuis mars Afin d'améliorer la protection des populations civiles, la Mission des Nations unies indique avoir intensifié ses opérations de terrain. Depuis mars 2026, plus de 2 100 patrouilles conjointes ont été réalisées avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). La MONUSCO précise également avoir conduit plusieurs opérations coordonnées avec la Police nationale congolaise (PNC) et renforcé le déploiement de bases opérationnelles mobiles dans les zones les plus exposées. Ces actions visent à accroître la présence sécuritaire et à rassurer les populations civiles. Plus de 300 ex-combattants rapatriés vers le Rwanda Dans le cadre des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration, James Swan a annoncé que plus de 300 ex-combattants et leurs dépendants ont été rapatriés vers le Rwanda entre mars et juin 2026. Cette opération a été réalisée en coordination avec les autorités concernées dans le cadre des mécanismes régionaux de désarmement et de réintégration. La MONUSCO considère ces initiatives comme un élément essentiel de la stabilisation durable de l'Est de la RDC. Une intense activité diplomatique pour soutenir les processus de paix Outre les opérations sécuritaires, la MONUSCO poursuit ses efforts diplomatiques. James Swan a indiqué avoir mené de nombreuses consultations avec : les autorités congolaises ; les représentants de la société civile ; les responsables de l'AFC/M23 ; les partenaires régionaux ; les facilitateurs de l'Union africaine. Il a également évoqué ses échanges avec : l'Envoyé spécial des Nations unies pour la région des Grands Lacs, Huang Xia ; l'équipe de médiation de l'Union africaine dirigée par le président togolais Faure Gnassingbé ; le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf ; le président angolais João Lourenço, désigné Champion de l'Union africaine pour la paix et la réconciliation en Afrique. Selon James Swan, l'objectif demeure de favoriser un dialogue permanent entre les différentes parties afin de soutenir les initiatives diplomatiques régionales. Les quatre priorités de la MONUSCO Le chef de la Mission a réaffirmé que les activités de la MONUSCO restent articulées autour de quatre axes prioritaires : la protection des populations civiles ; la réforme du secteur de la sécurité ; le désarmement, la démobilisation et la stabilisation ; le soutien au dialogue politique et à un cessez-le-feu durable. Ces priorités constituent le cadre d'action de la Mission dans l'accompagnement des autorités congolaises et des partenaires internationaux. Une crise qui continue d'inquiéter la communauté internationale L'intervention de James Swan devant le Conseil de sécurité intervient alors que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de ramener une paix durable dans l'Est de la RDC. Malgré ces efforts, les chiffres présentés témoignent de la gravité de la situation humanitaire et sécuritaire, marquée par un nombre élevé de victimes civiles, des violations répétées des droits humains et des difficultés persistantes d'accès humanitaire. La communauté internationale reste mobilisée pour soutenir les processus de paix engagés sous l'égide des Nations unies, de l'Union africaine et des organisations régionales.