Fiche d’identité
Naissance et origines de Martin Fayulu
Martin Fayulu Madidi naît le 21 novembre 1956 à Kinshasa, dans ce qui était encore à l’époque le Congo belge.
Kinshasa occupera une place importante dans son parcours politique : c’est notamment dans la capitale congolaise qu’il exercera ses premiers grands mandats électifs avant de devenir une personnalité politique nationale.
Études : économie et gestion entre la France et les États-Unis
Martin Fayulu suit une formation principalement tournée vers l’économie et la gestion.
Il est titulaire d’une maîtrise en sciences économiques de l’Université Paris XII, d’un diplôme de troisième cycle de gestion obtenu à l’Institut supérieur de gestion de Paris et d’un MBA de l’European University of America à San Francisco.
Près de vingt ans chez ExxonMobil
Avant de se consacrer pleinement à la politique, Martin Fayulu bâtit une importante carrière dans l’industrie pétrolière.
Entre 1984 et 2003, il travaille pour ExxonMobil et occupe différentes fonctions de direction. Son parcours professionnel le conduit notamment aux États-Unis, en France, en Côte d’Ivoire, au Kenya, en RDC, au Mali et au Nigeria.
Après son départ du secteur pétrolier, il retourne en République démocratique du Congo et se consacre notamment à ses activités privées avant d’intensifier son engagement politique.
Des premiers mandats à l’Assemblée nationale
Martin Fayulu est d’abord élu à l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
En mars 2009, il devient député national de Kinshasa. Au fil des années, il se positionne progressivement comme une voix importante de l’opposition.
ECiDé : le parti de Martin Fayulu
Martin Fayulu dirige l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé).
À travers cette formation, il défend notamment l’État de droit, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la citoyenneté et la réforme des institutions publiques.
2018 : le tournant de Genève
La carrière politique de Martin Fayulu change de dimension en novembre 2018.
Plusieurs dirigeants de l’opposition congolaise se réunissent à Genève afin de désigner un candidat commun à l’élection présidentielle.
Le 11 novembre 2018, Fayulu est choisi comme candidat de la nouvelle coalition Lamuka.
L’accord est initialement signé par plusieurs leaders majeurs de l’opposition. Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe retirent cependant rapidement leur soutien et créent leur propre coalition, Cap pour le changement.
Fayulu conserve notamment l’appui de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba et devient ainsi l’un des principaux candidats à la succession de Joseph Kabila.
La présidentielle controversée de 2018
L’élection présidentielle est organisée le 30 décembre 2018.
Les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle donnent Félix Tshisekedi vainqueur avec 38,57 % des suffrages, devant Martin Fayulu avec 34,83 % et Emmanuel Ramazani Shadary avec 23,81 %.
Fayulu rejette les résultats, saisit la Cour constitutionnelle et réclame notamment un recomptage des voix. Son camp affirme alors qu’il aurait obtenu environ 61 % des suffrages.
La Cour constitutionnelle rejette son recours et confirme Félix Tshisekedi président de la République.
La « vérité des urnes »
Après l’investiture de Félix Tshisekedi, Martin Fayulu fait de la « vérité des urnes » l’un des principaux thèmes de son discours politique.
La controverse entourant cette élection devient durablement l’un des éléments centraux de son identité politique.
Lamuka après l’élection
La coalition Lamuka survit à la présidentielle mais évolue progressivement avec les changements d’alliance de ses fondateurs.
En octobre 2020, Martin Fayulu prend notamment la coordination de la plateforme après Adolphe Muzito.
Présidentielle de 2023 : une deuxième candidature
Martin Fayulu se présente de nouveau à l’élection présidentielle du 20 décembre 2023.
Contrairement à 2018, il ne bénéficie cependant plus d’une vaste coalition de l’opposition autour de sa candidature.
Selon les résultats officiels, Félix Tshisekedi est réélu avec environ 73 % des voix, Moïse Katumbi obtient environ 18 % et Martin Fayulu environ 5 %.
Quelle est la ligne politique de Martin Fayulu ?
Plusieurs thèmes restent constants dans le discours politique de Martin Fayulu : la crédibilité des élections, la réforme de la CENI, le respect de la Constitution, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et la souveraineté nationale.
À ces sujets s’ajoute la question de l’intégrité territoriale de la RDC, particulièrement depuis l’aggravation des conflits dans l’Est du pays.
2026 : Fayulu et la Coalition Article 64
En mai 2026, Martin Fayulu participe à la création de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64).
Cette plateforme regroupe notamment son parti ECiDé, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, le LGD d’Augustin Matata Ponyo, Envol de Delly Sesanga et l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund.
La coalition affirme vouloir défendre l’ordre constitutionnel et s’oppose à toute évolution qu’elle considère susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.
Martin Fayulu face à Félix Tshisekedi
La relation entre Martin Fayulu et Félix Tshisekedi constitue l’une des rivalités les plus marquantes de la politique congolaise contemporaine.
Alliés lors des discussions de Genève en novembre 2018, les deux hommes deviennent ensuite adversaires électoraux. Félix Tshisekedi remporte officiellement le scrutin, tandis que Fayulu en conteste depuis les résultats.
Une figure durable de l’opposition congolaise
Martin Fayulu n’a jamais dirigé le Gouvernement, une province ou un grand ministère national. Son poids politique repose plutôt sur son engagement dans l’opposition et sur la place particulière qu’occupe la présidentielle de 2018 dans l’histoire politique récente de la RDC.
Son résultat officiel beaucoup plus faible en 2023 a modifié son poids électoral, sans mettre fin à son influence au sein des recompositions de l’opposition.
Sa participation à la Coalition Article 64 en 2026 confirme qu’il demeure l’un des acteurs à suivre dans la perspective des futures échéances politiques de la République démocratique du Congo.
Les dates à retenir
- 1956Naissance à Kinshasa.
- 1984Début de sa carrière chez ExxonMobil.
- 2003Fin de sa carrière au sein du groupe pétrolier.
- 2009Élu député national à Kinshasa.
- 2018Désigné candidat de Lamuka à Genève.
- 2019Conteste les résultats de la présidentielle.
- 2020Prend la coordination de Lamuka.
- 2023Deuxième candidature présidentielle.
- 2026Participe à la création de la Coalition Article 64.





