La population de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est une nouvelle fois plongée dans le deuil après une série d’attaques meurtrières attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF). Plus de vingt civils ont été tués dans les localités de Ngadi, Vemba et Masulukwede, selon des sources locales et des témoignages recueillis auprès des survivants.

Au lendemain de ces violences, des rescapés ont livré à Congo Synthèse des récits bouleversants décrivant le mode opératoire des assaillants, qui auraient méthodiquement capturé puis exécuté leurs victimes.

Des civils ligotés avant d’être exécutés

D’après plusieurs témoins interrogés ce lundi 1er juin 2026 à Vemba, les combattants ADF auraient neutralisé leurs victimes en les attachant avec des cordes avant de les mettre à mort.

Selon les survivants, cette stratégie visait à empêcher toute alerte rapide aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et à retarder une éventuelle intervention militaire.


« Ne tirez pas de coups de feu, sinon les FARDC vont intervenir et nous frapper partout », auraient déclaré certains assaillants, selon les témoignages recueillis auprès des rescapés.

Ces récits concordent avec les constatations effectuées sur les lieux des massacres.

Des armes blanches utilisées pour éviter d’alerter les FARDC

Les premières informations recueillies indiquent que la majorité des victimes ont été tuées à l’aide d’armes blanches plutôt que par des tirs d’armes à feu.

Des sources locales rapportent que les assaillants ont utilisé notamment des machettes, des haches, des houes ainsi que des bâtons en bois pour exécuter les civils.

Ce mode opératoire, fréquemment attribué aux ADF lors de certaines incursions dans le territoire de Beni, permet aux assaillants d’agir discrètement sans attirer immédiatement l’attention des forces de sécurité déployées dans la région.

Une nouvelle tragédie dans une région déjà meurtrie

Les localités de Vemba, Masulukwede et plusieurs quartiers de Beni figurent parmi les zones régulièrement ciblées par les groupes armés actifs dans l’est de la RDC.

Depuis plusieurs années, les ADF, un mouvement armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique selon plusieurs rapports internationaux, sont accusés de massacres, d’enlèvements et d’attaques contre les populations civiles dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Cette nouvelle attaque intervient alors que les autorités congolaises et les forces conjointes FARDC-UPDF poursuivent leurs opérations militaires contre les positions rebelles dans la région.

Appels à un renforcement de la protection des civils

Face à cette recrudescence des violences, plusieurs acteurs de la société civile appellent les autorités congolaises à renforcer les dispositifs de sécurité autour des zones les plus exposées.

La population locale réclame également une intensification des opérations de traque contre les groupes armés afin d’éviter de nouveaux massacres et de restaurer la confiance des habitants.

Pendant ce temps, les familles endeuillées tentent d’identifier les victimes et d’organiser les funérailles dans un climat de peur et de traumatisme qui continue de marquer profondément la région de Beni.