Oïcha, 19 juin 2026 — La ville d'Oïcha a franchi une étape historique ce vendredi avec l'investiture officielle de ses premières autorités civiles, lors d'une cérémonie solennelle présidée par le représentant du gouverneur militaire du Nord-Kivu. L'événement a réuni plusieurs personnalités politiques et administratives ainsi que des représentants de la société civile, témoignant de l'importance symbolique de ce moment pour une entité nouvellement promue au rang de ville. Une installation aux enjeux particuliers C'est Kambale Siluhwere qui a été officiellement installé à la tête de la ville en qualité de maire, avec à ses côtés Kahindo Kalumba Emmanuel en tant que maire adjoint. Cette investiture revêt un caractère singulier dans un contexte de gouvernance sécuritaire : depuis mai 2021, les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri sont placées sous état de siège, une mesure qui a conduit à la gestion de la quasi-totalité des entités locales par des autorités militaires ou policières. L'installation d'autorités civiles à Oïcha constitue donc un signal fort dans ce paysage institutionnel sous tension. Une promotion administrative longuement attendue Ancien chef-lieu du territoire de Beni, Oïcha a officiellement accédé au statut de ville le 22 mai 2026, par arrêté signé par Jacquemin Shabani. Cette décision consacre des années de plaidoyer mené par les acteurs locaux, qui réclamaient une reconnaissance à la hauteur du poids démographique et économique de la localité. Oïcha devient ainsi la quatrième ville de la province du Nord-Kivu, aux côtés de Goma, Butembo et Beni. Kasindi également restructurée Dans la même dynamique de réorganisation administrative, Kasindi, important poste frontalier entre la République Démocratique du Congo et l'Ouganda, a récemment obtenu le statut de commune rurale. Ses nouvelles autorités ont été installées quelques jours avant la cérémonie d'Oïcha. Vers un renforcement de la gouvernance locale Pour de nombreux acteurs locaux, cette nouvelle cartographie administrative représente une avancée significative en matière de gouvernance de proximité. Elle est perçue comme un levier potentiel pour le développement des entités du territoire de Beni, longtemps fragilisées par l'insécurité et l'instabilité institutionnelle.