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Constitution de la RDC du 18 février 2006 : guide complet

Tout savoir sur la Constitution de la RDC du 18 février 2006 : histoire, institutions, articles clés, dispositions intangibles et le débat sur sa révision en 2026.

10 articlesMis à jour le 17 juillet 2026Dossier vérifié
Constitution de la RDC du 18 février 2006 : guide complet
La carte de la Constitution République Démocratique
Ce qu'il faut savoir

La Constitution congolaise du 18 février 2006 est la loi fondamentale de la RDC depuis 20 ans. Née après les accords de Sun City et la période de transition, elle a été adoptée par référendum. En 2026, elle est au cœur d'une bataille politique entre la majorité de Tshisekedi qui veut la réviser et l'opposition qui la défend comme verrou contre un troisième mandat.

  • La Constitution du 18 février 2006 a été adoptée par référendum avec 84,31% de oui
  • L'article 220 rend intangibles les dispositions sur la limitation des mandats présidentiels
  • La Constitution a été révisée une seule fois en 2011 sous Joseph Kabila
  • 20 ans après son adoption, l'Institut Ebuteli estime qu'elle n'est ni épuisée ni à l'origine des blocages institutionnels
  • L'opposition c64 voit dans la révision une maneuvre pour prolonger le mandat de Tshisekedi au-delà de 2028
  • André Mbata (USN) a qualifié la Constitution d’« œuvre de sous-développement » en mars 2026
  • La loi Ngondankoy sur le référendum est en examen à l'Assemblée nationale en juin 2026
  • L'article 64 oblige tout Congolais à faire échec à quiconque s'empare du pouvoir par la force

Un texte né dans la douleur de l'histoire

La Constitution du 18 février 2006 n'est pas tombée du ciel. Elle est le produit d'une histoire douloureuse. Trente-deux ans de règne de Mobutu. Deux guerres continentales. Des millions de morts. Des années de négociations et de conférences de paix. Elle est la réponse d'un peuple qui a tout connu et qui a voulu se doter d'un texte fondateur capable de protéger la démocratie contre ses propres démons.

Le 18 décembre 2005, les Congolais se rendent aux urnes pour le premier référendum constitutionnel de leur histoire. 84,31% des voix disent oui. Le texte entre en vigueur le 18 février 2006. En vingt ans, il a survécu à trois présidents, une révision et des crises à répétition. Il est aujourd'hui au cœur d'un débat qui dépasse le droit et touche au cœur du projet démocratique congolais.

Ce que dit la Constitution

La Constitution de 2006 établit un régime semi-présidentiel. Le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Il nomme le Premier ministre. Il est le chef des armées. Un Parlement bicaméral — Assemblée nationale et Sénat — contrôle l'exécutif. La Cour constitutionnelle tranche les litiges institutionnels et électoraux.

Le texte consacre également la décentralisation : 26 provinces dotées d'une autonomie administrative et financière. Il garantit les libertés fondamentales, l'indépendance du pouvoir judiciaire et un droit de résistance pour tout citoyen face à quiconque voudrait s'emparer du pouvoir par la force — c'est l'article 64.

L'article 220 : le verrou que personne ne peut ouvrir

Au cœur de la Constitution, une disposition unique en son genre. L'article 220 déclare intangibles — c'est-à-dire absolument non révisables — un ensemble de garanties fondamentales. Parmi elles : la limitation des mandats présidentiels à deux, le régime républicain, le principe du suffrage universel, le pluralisme politique. Le constituant originaire a voulu tirer les leçons de l'histoire. Il a verrouillé ce qui pouvait l'être pour empêcher le retour aux dérives autoritaires.

Vingt ans plus tard, c'est précisément ce verrou qui est au cœur de la crise politique de 2026.

Le débat de 2026 : réviser ou pas ?

La majorité présidentielle de Félix Tshisekedi plaide pour une révision. Elle invoque des incohérences institutionnelles, la nécessité d'adapter le texte aux réalités sociopolitiques du pays. André Mbata, secrétaire permanent de l'Union Sacrée, est allé plus loin en qualifiant la Constitution d'« œuvre de sous-développement ». L'opposition, réunie dans la coalition Article 64 (C64), y voit une tentative de prolonger le mandat de Tshisekedi au-delà de décembre 2028. La rue s'est mobilisée. Des villes mortes ont été observées. Des plaintes ont été déposées.

Entre les deux, l'Institut Ebuteli offre une lecture nuancée : la Constitution n'est ni épuisée ni à l'origine des blocages. Ce sont les pratiques du pouvoir qui ont fragilisé l'équilibre institutionnel. La réforme nécessaire n'est peut-être pas celle du texte, mais celle des comportements.

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Questions fréquentes

Comment la Constitution de la RDC a-t-elle été adoptée ?+
La Constitution de la RDC a été adoptée par référendum le 18 décembre 2005 et est entrée en vigueur le 18 février 2006. Elle a été élaborée après les accords de Sun City (2002) et la période de transition conduite par le gouvernement 1+4 de 2003 à 2006. Elle a été approuvée à 84,31% des voix.
Qu'est-ce que l'article 220 de la Constitution de la RDC ?+
L'article 220 de la Constitution interdit toute révision des dispositions relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels, au régime républicain, au principe du suffrage universel, au pluralisme politique et syndical, ainsi qu'aux droits fondamentaux. Ces dispositions sont dites « intangibles ».
La Constitution de la RDC a-t-elle déjà été révisée ?+
La Constitution a été révisée une seule fois, en janvier 2011 sous Joseph Kabila. La principale modification était le passage de l'élection présidentielle à deux tours à un seul tour, ce qui avantageait directement le président sortant face à une opposition fragmentée.
Pourquoi y a-t-il un débat sur la révision de la Constitution en RDC en 2026 ?+
La majorité présidentielle de Tshisekedi soutient une révision pour moderniser les institutions. L'opposition réunie dans la coalition C64 y voit une tentative de prolonger le mandat de Tshisekedi au-delà de 2028. L'Institut Ebuteli estime que la Constitution n'est pas la cause des blocages institutionnels.
Qu'est-ce que l'article 64 de la Constitution de la RDC ?+
L'article 64 dispose que tout Congolais a le devoir de faire échec à quiconque exerce le pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles. C'est sur cet article que se fonde la coalition d'opposition C64 pour justifier sa mobilisation contre la révision de la Constitution.
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